Visas humanitaires : une solution contre les naufrages en Méditerranée

La délégation Génération.s au Parlement européen se mobilise depuis des mois en faveur d’un accueil digne des demandeurs d’asile. C’est donc avec satisfaction que les trois députés de la délégation Génération.s ont voté en faveur du rapport d’initiative relatif à la mise en place d’un visa humanitaire européen.

 

Dans le cadre de la révision du code communautaire des visas en 2014, le Parlement européen avait déjà tenté d’inclure des dispositions portant création d’un tel visa, qui avaient été rejetées par le Conseil et la Commission. Le Parlement a finalement procédé à la réalisation d’un rapport d’initiative législative invitant la Commission à proposer une législation distincte sur le sujet d’ici fin mars 2019.

 

Depuis le début de l’année 2018, plus de 2000 personnes ont perdu la vie en Méditerranée en tentant de rejoindre l’Europe. Nous ne pouvons plus fermer les yeux sur ce qui se passe à nos frontières. La politique européenne de fermeture ne fonctionne pas : elle n’a aucun pouvoir de dissuasion face au désespoir de la guerre et de la misère, et met en péril les droits fondamentaux garantis dans les traités internationaux dont les pays européens sont signataires. Selon la Cour de justice de l’Union, les États membres ne sont aujourd’hui pas tenus d’accorder un visa humanitaire, mais restent libres de le faire. En pratique, l’octroi d’un tel visa reste très exceptionnel. La création d’un visa humanitaire européen permettrait aux demandeurs d’asile de voyager légalement, dans des conditions dignes et en toute sécurité afin de trouver la protection qui leur est légalement due. Elle viderait de raison d’être le business infâme des passeurs qui profitent de la détresse des rescapés et réduirait le trafic d’êtres humains. Enfin, elle permettrait une meilleure répartition des demandeurs d’asile entre les États européens afin de soulager les pays frontaliers débordés, et ainsi garantir de meilleures conditions d’accueil.

 

L’adoption d’un visa humanitaire est une première étape essentielle qui en appelle bien d’autres. En ce sens, l’adoption du rapport Dalli relatif au Fonds «Asile, migration et intégration» constitue elle-aussi une avancée. Ce rapport vise à contraindre les États membres à réengager au moins 20 % du Fonds à des actions destinées à financer la relocalisation ou la réinstallation des demandeurs d’asile via des programmes nationaux. Le reste devrait servir à développer les différents aspects du régime d’asile européen commun, en particulier le regroupement familial, ou à favoriser la migration légale vers les États membres. Dans ce cadre, la priorité sera accordée à la relocalisation des mineurs isolés, des demandeurs vulnérables et des membres de la famille des bénéficiaires d’une protection internationale.

 

Les députés de la délégation rappellent qu’il est urgent que l’Union européenne et les États membres assument leurs responsabilités et honorent les valeurs promues par les traités européens : respect de la dignité humaine, protection des droits de l’homme, solidarité et non-discrimination.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*