Paquet routier : le salaire de la peur laissera un goût amer aux chauffeurs routiers européens

Crédits : Gerhard Gellinger l Pixabay

Le Parlement européen s’est aujourd’hui prononcé sur le Paquet routier, à savoir trois législations fixant le cadre réglementaire applicable au secteur routier, tant au niveau des règles économiques et concurrentielles que les entreprises doivent respecter, que des normes sociales et du droit du travail protégeant les chauffeurs routiers. 

Les députés de la délégation Génération.s ont apporté leur soutien au texte assurant des conditions de vie et de travail dignes pour les 2 millions de chauffeurs routiers exerçant leur activité en Europe, tout en écartant les pratiques actuelles précarisant les salariés du secteur telles que le repos hebdomadaire régulier en cabine ou la flexibilisation accrue des temps de repos et de conduite.

De la même manière, la pratique dite du « cabotage »—l’acheminement de marchandises par un opérateur dans un pays dans lequel il n’est pas établi—fait enfin l’objet d’un encadrement réglementaire qui devrait permettre à l’avenir de lutter plus efficacement contre les sociétés « boîtes aux lettres » dépourvues d’activité réelle dans le pays dans lequel elles sont officiellement enregistrées.

Nous nous sommes en revanche clairement opposés à l’adoption du texte visant à adapter l’application de la directive sur le travail détaché au transport routier. Tout au long de cette législature, nous nous sommes battus pour que les travailleurs européens, indépendamment du secteur économique dans lequel ils exercent leurs professions, se voient appliqués un principe simple : « à travail égal, salaire égal sur un même lieu de travail ».

Nous souhaitions donc que dès le premier jour d’activité dans un pays, les chauffeurs routiers, indépendamment de leur nationalité ou du pays d’établissement de la société de transport routier, se voient appliquer les mêmes conditions de travail et les mêmes règles en matière de rémunération. Cette proposition n’a pu être soumise au vote, une majorité de députés conservateurs, libéraux et socialistes ayant préféré exempter du principe « à travail égal, salaire sur un même lieu de travail » un nombre conséquent d’opérations bilatérales et internationales sur le continent européen. Nous déplorons l’adoption de cette position qui légalisera de facto une concurrence déloyale entre travailleurs et entreprises réalisant des opérations similaires en Europe.

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