La Délégation Génération.s condamne la position en première lecture du Parlement sur le Fonds européen de Défense et regrette une occasion manquée

Stupeur et indignation lors du vote du fonds européen de Défense !

Nous soutenons le principe d’une implication accrue de l’UE dans la coopération industrielle et de recherche sur les futures technologies de défense, en vue de garantir notre autonomie stratégique et de réduire notre dépendance vis-à-vis des équipements non-européens, en particulier américains. Mais on attendait de ce programme, précisément parce qu’il représente une véritable première pour l’Union, qu’il établisse un cadre garantissant une mise en œuvre irréprochable en tous points. Or en n’adoptant pas une série d’amendements nécessaires et évidents, le Parlement n’a pas répondu aux attentes :

– Le Parlement européen renonce de lui-même à jouer un rôle actif, que ce soit celui de « lanceur d’alerte » en matière éthique ou plus généralement sur le contrôle exercé dans la mise en œuvre du Fonds (la comitologie adoptée le mettant effectivement hors-jeu, ce qui est dramatique du point de vue démocratique) ;

– Une majorité de parlementaires, y-compris chez les socialistes, notamment des français, ont accepté de laisser la porte ouverte au financement d’armes qui ne sont pas formellement ou intégralement prohibées en droit international mais dont l’usage pose question (phosphore blanc, uranium appauvri, armes de destruction massive) ;

– Le Parlement n’a pas voulu imposer un véritable contrôle européen des exportations d’armes, s’affranchissant au passage du droit international (Traité sur le Commerce des Armes). C’est particulièrement choquant dans un contexte où le rapport du collectif Disclose a démontré le rôle actif de la France dans la mort de civils au Yémen, via ses exportations à l’Arabie Saoudite et aux Émirats. Il serait ahurissant que ce programme européen réplique les pires pratiques nationales.

C’est pourquoi la délégation Génération.s dénonce le vote de ce jeudi 18 avril. Alors que la négociation avec le Conseil n’est pas terminée, le Parlement européen s’est auto-censuré dans sa propre première lecture. Cette orientation sera lourde de conséquences sur la forme que prendra ce programme et son acceptabilité par la société civile. C’est une occasion  manquée de reprendre et finaliser les négociations sur des bases saines lors de la prochaine mandature.

En conséquence les député-e-s Génération.s ont voté contre cette première lecture scandaleuse d’un Parlement qui a baissé pavillon face au Conseil, oubliant de défendre les valeurs éthiques et le respect des droits de l’Homme et du droit international dans lesquels il se drape pourtant matin, midi et soir.

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